Distinction entre tests PCR et tests sérologiques:

Alors que l’usage des tests PCR s’est (très) progressivement déployé en médecine générale dans l’ensemble du pays depuis une dizaine de jours, le recours aux tests sérologiques est également sur la table du « Risk Management Group » fédéral.

Tests PCR

Ces tests à visée diagnostic en cours d’infection nécessitent le prélèvement d’un échantillon par écouvillonnage du pharynx et reposent sur une amplification de séquences génétiques spécifiques du SARS-CoV2 (d’où l’acronyme anglais PCR pour Polymerase Chain Reaction ou Amplification en Chaîne par Polymérase en français)

La stratégie de testing mise en place par les autorités en combinaison avec le suivi des contacts s’appuie sur ces tests PCR.
C’est une mesure fondamentale pour briser la chaîne de transmission du virus et permettre le passage d’un confinement généralisé à un isolement spécifique,
Réservé aux personnes symptomatiques, le test se fait – de préférence dès l’apparition des symptômes et idéalement durant la première semaine – le plus souvent dans un centre de tri, sur la base d’une prescription du médecin généraliste, que le patient aura préalablement contacté par téléphone.
En cas de résultat positif, la procédure de suivi des contacts est lancée et la personne doit respecter un isolement de 14 jours. En cas de test négatif, il se peut également que le médecin -sur la base de la symptomatologie- demande l’isolement.

Tests sérologiques

Ces tests à visée diagnostic a posteriori– nécessitent généralement le prélèvement d’un échantillon sanguin et se basent sur la détection d’anticorps spécifiques du virus dans le sérum.

Depuis quelques mois, de nombreuses entreprises de biotechnologie se sont lancées dans la course au développement de ces tests capables de déterminer a posteriori si une personne a développé une réponse immunitaire antivirale et a donc été en contact avec le coronavirus.
Parmi les tests sérologiques COVID-19 déjà disponibles aujourd’hui, les plus fréquents en ambulatoire ressemblent à des autotests de diagnostic rapide. De petite taille, ils utilisent le plus souvent de très petites quantités de sang prélevé au bout du doigt (certains utilisent de la salive ou un écouvillonnage nasal) et détectent la présence d’anticorps IgG et IgM. Basés sur le principe de la diffusion latérale préférentiellement obtenue sur une bandelette de test (positif/négatif), leur résultat se lit grâce à l’apparition d’une bande colorée*.

Plus rapides et moins chers que les tests PCR (même lorsqu’il ne s’agit pas de Point-of-Care Testing), les tests sérologiques se heurtent toutefois à différents obstacles qui en empêchent l’usage massif. Outre les questions de la fiabilité, de la validation et du remboursement éventuel de ces nouveaux tests, les résultats d’un travail récent de la Haute Autorité de Santé, publiés début mai en France, sont sans équivoque**.

Pour l’heure, cette prudence semble partagée chez nous par Sciensano. Interrogé par un journaliste de la RTBF sur la stratégie de déploiement des tests sérologiques dans notre pays, l’Institut Scientifique de Santé Publique estime ce type de test dangereux « à grande échelle », « car la population n’est pas prête à entendre qu’elle n’est pas protégée par ce test. »
Si les tests sérologiques ont certainement une place dans la prévention de la circulation du SARS-CoV2 au sein de la population, la stratégie élaborée par le « Risk Management Group » devrait donc en restreindre l’usage à certaines catégories bien précises.

 

*Pour en savoir plus, consultez l’article « Que nous disent les sérologies? » sur le site web Laviedesidees.fr/ qui nous a, en partie, servi de référence pour ce sujet.

**résultats d’un travail récent de la Haute Autorité de Santé sur les tests sérologiques,

 

SOURCE: APBNEWS N°324